Auteur/autrice : alice_adm

  • Lana Del Rey, une artiste à part

    Lana Del Rey, une artiste à part

    Charme rétro, mélancolie ensorcelante et authenticité, Lana Del Rey est une artiste captivante par sa musique et son mystère. Là où glamour et émotion se rencontrent à chaque note, on découvre qui elle est vraiment et ce qui fait son succès au travers de ses travaux musicaux.

                           Lana Del Rey dans le clip de « Young and Beautiful », 2014

    Un univers bien particulier

    La chanteuse de 38 ans se démarque pour ses singularités autour du personnage pop qu’elle a créé. Un monde qui fascine ses millions de fans, muni d’une voix tout aussi moderne que rétro et un style bien à elle. En bref, un personnage pensait dans chaque détail qui renforce ses côtés mystérieux, glamour et emo sur les bords. Son esthétique envoûtante a su attirer un public friand de mélancolie tant dans ses chansons que dans ses clips musicaux, très cinématographiques. Un archétype qui démarre dès le choix de son nom de scène qui semble déjà être un miroir sur sa personnalité : “Lana” vient de l’actrice hollywoodienne Lana Turner et « Del Rey » de la mythique voiture des années 50, Chevrolet Delray. Lana Del Rey, un personnage hors norme et une carrière que personne d’autre n’aura. 

    Un musique captivante et magnétique

    L’esthétisme bien personnel de la chanteuse new-yorkaise se retranscrit dans l’intégralité de ses paroles et de son univers. On retrouve dans sa discographie un héritage quasi omniprésent à la “sixties”, tantôt à la Elvis, tantôt à la Sinatra. Un univers hollywoodien glamour qui mélange sans vergogne hippie, vintage, hispanique et pop avec pour objectif de remettre au goût du jour un style de musique “old but gold”. Les paroles de ses chansons tournent généralement autour de thèmes comme la tristesse ou la romance tragique, alliant morosité et ravissement. À travers des titres emblématiques comme “Summertime Sadness”, elle exploite profondément la dualité de la peine et de la splendeur estivale en créant une ambiance particulièrement immersive sous le prisme de l’émotion.

     

    Une communauté à l’image de l’artiste

    Un cosmos créé de toute pièce et qui sait envoûter un public complexe bien distinct. Beaucoup de fans de Lana Del Rey étaient attirés par l’idée de grandir pour devenir des femmes qui existent dans l’unique but de connaître un amour romantique. Une relation passionnée qui offre une échappatoire à une existence morose, de vivre la dynamique familiale compliquée avec laquelle ils ont généralement grandi. La chanteuse s’est imposée comme l’une de ces femmes avec sa première déclaration artistique: “They say that the world was built for two, only worth living if somebody is loving you.”(Ils disent que le monde a été construit pour deux) dans Brooklyn Baby. 

    Des descriptions de situations sophistiquées et parfois difficiles que Lana Del Rey dépeint dans quasiment tous ses albums. Quand elle compose son album “Lust for life”, littéralement “désir pour la vie” en 2017, sa carrière ne l’animait plus autant qu’avant. C’était une course, le sentiment de ne pas avoir assez de temps et qu’il fallait absolument expédier les albums. Ça s’est arrêté et elle a retrouvé du “désir pour la vie” (her “lust for life”).  Néanmoins en 2021, l’artiste s’éloigne progressivement des réseaux sociaux pour se concentrer sur ses projets artistiques, devenant “ordinairement mystique” selon le magazine Rolling Stone UK. Lana Del Rey laisse alors de côté son attirail excentrique considéré par le public comme ‘pin-up” pour se retrouver elle-même sur un fondement bien plus basique.

  • Baisse du niveau scolaire en France : Madame Roux, enseignante dans le primaire, nous répond

    Baisse du niveau scolaire en France : Madame Roux, enseignante dans le primaire, nous répond

    Mardi 5 décembre 2023 a été publié le rapport Pisa 2022. Un classement qui compare 81 pays sur trois domaines : la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les cultures scientifiques. La plupart des pays enregistrent une baisse notable en partie due à la crise sanitaire cependant la France se distingue particulièrement. Le rapport révèle une des plus importantes baisses de niveau chez les élèves français de 15 ans. Quelles sont les raisons de cette baisse ? Pour le comprendre, nous avons rencontré une professeure des écoles.

    Avant toute chose, est-ce que vous pourriez vous présenter rapidement ?

    “Je suis Madame Roux, enseignante dans le primaire depuis 21 ans. J’ai commencé en maternelle et depuis 15 ans maintenant je suis professeur des écoles en cm2.”

    Pouvez-vous nous donner votre perspective sur la baisse du niveau scolaire en France ?

    “Je travaille dans un lieu qui a beaucoup changé. Quand je suis arrivée en 2006, c’était une école de quartier avec un assez bon niveau scolaire. Maintenant le niveau n’a plus rien à voir, il y a plus d’incivilités entre élèves, parents, entre parents et enseignants et le niveau a plutôt évolué vers la baisse. On a des élèves moins performants.”

    Selon vous, depuis quand y a-t-il une baisse du niveau scolaire en France ?

    “Je dirais depuis 8 ans, enfin entre 5 et 8 ans. C’est vraiment à ce moment-là qu’on a remarqué que ça s’était fortement accru. Avant on avait quelques enfants avec des difficultés scolaires, ça pouvait arriver. On en avait 2 ou 3 par classe mais on les prenait en classe de soutien, et on pouvait les aider. Maintenant ils sont beaucoup plus nombreux et quand ils arrivent en cm2, on en a amplement plus qui ne savent pas lire ou très mal et les bases du cycle 2, c’est-à-dire du Cp-Ce1 qui ne sont pas acquises, donc notamment la lecture et le calcul simple. Il y a encore 5-6 ans c’était bien plus rare.”

    Quelles sont selon vous les causes, les principaux facteurs de la baisse du niveau scolaire ?

    “Pour mon école, les principaux facteurs sont d’abord les causes familiales, le quartier s’est beaucoup paupérisé. Les catégories socio-professionnelles supérieures sont moins nombreuses, on a donc beaucoup plus de famille en difficultés sociales et financières et énormément plus de famille comprenant des membres allophones, c’est à dire qui ne parle pas ou mal le français et qui dès lors à la maison ne peuvent pas continuer le travail commencé à l’école, ne serait-ce qu’en parlant en français. C’est compliqué d’apprendre la langue à l’école et une fois à la maison, on se remet à parler soit en russe soit en arabe enfin en tout cas jamais en français. Les parents ne sont pas non plus en capacité d’aider leurs enfants pour les devoirs.”

    Récemment on parle de ce sujet dans le cadre de l’enquête Pisa qui sort tous les trois ans pour faire un bilan du niveau scolaire. Est-elle une bonne représentation selon vous ?   

    “Je pense que c’est une photographie d’une époque et une moyenne faite avec plein de réglage plus ou moins légitime et cohérent. Mon école est peut-être particulière par rapport à d’autres mais on ne se trouve pas dans une zone renforcée ni dans une zone sensible, nous ne sommes pas répertoriés comme étant une zone difficile ou à risque et pourtant notre niveau a baissé aussi. Je pense que l’enquête Pisa est très bien mais son résultat dépend de beaucoup de facteurs. En ce moment on nous parle beaucoup de la méthode de Singapour. Oui, ça fonctionne bien mais on oublie de dire qu’il s’agit d’une petite nation où les cours particuliers sont généralisés et les familles riches sont monnaie courante. Donc effectivement l’entourage de l’élève n’est pas le même. Les nôtres, pour la plupart, sont tout seuls chez eux le soir pour faire leurs devoirs. Dans le meilleur des cas, il y a quelqu’un pour les aider et dans le pire, personne n’est là et tout le monde s’en fiche. C’est une bonne enquête dans le sens où ça nous oblige à nous reprendre et à nous questionner sur nos modes pédagogiques mais il faut aussi voir les limites de ce classement Pisa puisque les étayages autour des élèves ne sont pas les mêmes pour toutes les familles. Je trouve difficile de comparer ce qui n’est pas comparable.”